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POURQUOI OPTER POUR UNE CONDUITE SOUS-MARINE POUR RELIER UN TERMINAL MARITIME À LA TERRE PLUTÔT QUE CHOISIR UNE INFRASTRUCTURE AÉRIENNE ?

4 décembre 2025 Articles techniques Études de cas

Assurer un approvisionnement fiable et sécurisé en énergie nécessite la mise en place d’infrastructures côtières adaptées entre le terminal maritime et la terre.

Les conditions climatiques difficiles propres à cette zone entre terre et mer – vents violents, fortes houles, courants puissants, marées, mouvements sédimentaires… – mettent à rude épreuve ces installations, impliquant le choix d’infrastructures particulièrement durables. De plus, la proximité de la côte et donc des activités humaines impose la prise en compte de normes de sécurité très contraignantes. Enfin, le coût significatif de ces installations nécessite une attention particulière dans le choix de la méthode à mettre en œuvre, impliquant des écarts importants selon la méthode choisie.

Deux solutions d’infrastructures permettent de relier ces terminaux maritimes à la côte : les infrastructures avec des conduites dites « aériennes » telles que les jetées ou des quais, et des infrastructures avec des conduites dites « sous-marines », installées sur ou sous les fonds marins.

Alors qu’environ 75% des terminaux d’exportation ou d’importation de GNL dans le monde sont équipés de jetées ou de quais dotés de systèmes de transfert aérien, Geocean recommande l’utilisation de conduites sous-marines et de systèmes d’ancrage de navires sur le fond marin lorsque le navire est ancré à plus de 200m des côtes et à moins de 1000m. L’objectif de cet article est de montrer pourquoi ce choix, qui est trop souvent écarté par dogmatisme ou préjugés, peut s’avérer être le plus adapté aux contraintes propres d’un site

Système d'ancrage des côtés, connecté à la terre par un pipeline

Système d’ancrage des côtés, connecté à la terre par un pipeline

Les solutions sous-marines moins impactantes pour l’environnement

Les jetées et les quais, imposent une emprise au sol importante et nécessitent des infrastructures massives dont l’impact visuel, souvent substantiel, altèrent les paysages côtiers. Au contraire, les terminaux avec des conduites sous-marines, installés à plusieurs kilomètres des côtes, n’ont aucun impact sur le paysage. L’impact environnemental peut être encore davantage réduit grâce à des techniques avancées telles que le forage dirigé et le microtunnelage, qui permettent d’installer la conduite dans un tunnel sous le fond marin, minimisant ainsi les perturbations des habitats marins.

Exemple de jetée traditionnelle

Exemple de jetée traditionnelle

Le choix des pipelines sous-marins : CAPEX réduit, délais raccourcis

Le choix du type d’infrastructure dépend principalement de la profondeur d’eau disponible sur le site destiné à accueillir les méthaniers ou les FSRU.Lorsque la bathymétrie permet à des navires de s’approcher très près de la coté (à moins de 200 mètres) sans nécessiter de travaux de dragage, les systèmes de quai et de jetées sont généralement privilégiés.

A l’inverse, lorsque le fond marin présente une pente douce et que les eaux restent peu profondes sur une longue distance depuis le trait de côte (plus de 1000 mètres), les terminaux équipés de conduites sous-marines et de systèmes d’ancrage des navires sur le fond marin sont logiquement les plus plébiscités.

Entre ces deux configurations, les deux types d’infrastructures peuvent cohabiter.

 

Sur le terminal gazier de Wilhelmshaven, une jetée complète la conduite d'importation de gaz longue de 1.7 km à 14 m sous la mer, installée par Geocean pour relier le FSRU Excelerate Excelsior au réseau allemand

Sur le terminal gazier de Wilhelmshaven, une jetée complète la conduite d’importation de gaz longue de 1.7 km à 14 m sous la mer, installée par Geocean pour relier le FSRU Excelerate Excelsior au réseau allemand

 

Longtemps, l’option des jetées a été favorisée, car l’installation de conduites sous-marines exigeait des navires spécialisés de type « Pipe Laying Vessel », peu nombreux et dont la disponibilité était incertaine. Les jetées, nécessitant des moyens de construction maritime moins complexes et souvent disponibles localement, représentaient alors une solution plus accessible.

Depuis une quinzaine d’années, l’émergence de techniques innovantes permet d’installer des pipelines sous-marins de plusieurs kilomètres de longueur sans recourir à un Pipe Laying Vessel, améliorant ainsi significativement la compétitivité économique de ces infrastructures par rapport aux jetées. Parmi ces techniques, on peut citer le pipe pulling (fabrication du pipeline à terre et tirage en mer) ou l’utilisation de barges modulaires, beaucoup plus légères qu’un Pipe Laying Vessel.

Les systèmes d’amarrage des navires peuvent eux aussi être simplifiés : soit par l’usage classique d’ancres, totalement invisibles et réutilisables, soit, dans le cas d’un chenal où l’empreinte au sol est limitée, par l’emploi de ducs d’albe d’amarrage.

Pourtant, les évaluations de CAPEX penchent maintenant clairement en faveur des solutions de pipeline et du système d’ancrage sous-marin sur cette zone entre 200 et 1000m des côtes.

Concernant l’OPEX les deux types d’infrastructures présentent des coûts relativement proches que ce soit pour les navires de support à l’amarrage ou pour les coûts de maintenance de l’infrastructure. Mais le démantèlement complet de l’infrastructure – dont le cout est souvent négligé au moment de l’investissement – s’avère plus avantageux pour la solution sous-marine.

Un autre atout des systèmes sous-marins : des délais de construction nettement réduits. Plus légers, moins gourmands en heures d’ingénierie, basés sur des composants disponibles, avec peu de préfabrication métallique et des procédures d’autorisation allégées, certains projets aboutissent en 12 mois, un délai exceptionnel dans ce secteur qui répond aux besoins des investisseurs.

 

Des conduites installées par Geocean en shallow water

Des conduites installées par Geocean en shallow water

Études de cas 1

Pose de canalisations sous-marines pour relier un terminal gazier offshore en Allemagne – à Wilhelmshaven

Dans le cadre d’un projet visant à relier un terminal gazier offshore à terre, Geocean a opté pour une conduite sous-marine afin de répondre à des exigences strictes en matière de coûts et de respect de l’environnement.

Défi : transporter du gaz sur 1,7 km avec une profondeur maximale de 14 m.

Solution : installation d’un réseau de pipeline TCP (Thermo composite pipe) renforcé avec un revêtement par des coquilles en fonte, puis mise en place d’un cofferdam pour relier la terre.

Résultat : réduction de coût très significative par rapport à une solution aérienne (+ de 60 %), mise en œuvre rapide, aucun impact sur le paysage.

Installation of the TCP line bundle sous la mer jusqu’à la terre
Installation of the TCP line bundle sous la mer jusqu’à la terre
Installation of the TCP line bundle sous la mer jusqu’à la terre

Etude de cas 2

Pose de canalisations sous-marines pour relier un terminal gazier au Bangladesh – à Moheshkhali

Geocean a réalisé un projet complexe d’installation d’un pipeline sous-marin de 5 km de long avec un diamètre de 24’’ pour relier le FSRU à un manifold à terre.

Défi : poser un pipeline dans un environnement instable soumis à des conditions climatiques extrêmes (mousson, très forts courants, amplitude de marées élevée…).

Solution : pose du pipeline sur le fond marin au cœur d’une zone protégée (impact environnemental très réduit) et réalisation de toutes les infrastructures onshore.

Avantages supplémentaires : réduction des coûts d’entretien et meilleure résilience face aux aléas naturels.

Le pipeline sous-marin relie le FSRU jusqu’au manufold installé à terre
Le pipeline sous-marin relie le FSRU jusqu’au manufold installé à terre